Questionnaire de Socrate
Laure Prouvost : la nef des flots
Laure Prouvost. © David Coulon/Figarophoto
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Cet article est issu du numéro 201 de Philosophie magazine « Le sentiment océanique. Peut-on faire l'expérience de l’infini ? », en kiosque le 10 juillet 2026. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
De grandes voiles semblant respirer au son d’une musique hypnotique, des fontaines à seins et à framboises aux allures d’animaux marins, des casques flottants d’où s’échappent sons et parfums… L’installation de Laure Prouvost, Nous, frissons d’étoiles, réveille tous les sens du spectateur. Après avoir représenté la France à la Biennale de Venise en 2019, l’artiste investit la nef du Grand Palais à Paris jusqu’au 26 juillet. Son imaginaire aérien et aquatique propose de « désapprendre la binarité » pour se plonger dans un univers quantique où les contraires cohabitent et s’influencent mutuellement. Frissons garantis.
Mettre les voiles, d’accord, mais pour aller où ?
Cette installation est moins une invitation à prendre le large qu’à se reconnecter à ce qui nous entoure – mais surtout pas à un smartphone ! À abolir les frontières et les séparations également. Elle repose sur les principes d’incertitude et d’imprévisibilité qui sous-tendent la physique quantique. L’œuvre réagit à l’air qui circule, aux spectateurs qui déambulent, à toutes sortes d’accidents. Ce sont ces possibilités de connexions infinies qui créent la véritable échappée.