L’autre “Chambre à soi”

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(cc) Niklas Hamann / Unsplash

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Avec le confinement, nous redécouvrons le sens de l’une des revendications centrales du féminisme : disposer d’un espace à soi, d’“Une chambre à soi”, pour reprendre le titre de l’essai (1929) de Virginia Woolf. Dans une réflexion personnelle inspirée par l’écrivaine anglaise, Sonia Feertchak ose se demander si les femmes ne sont pas plus habituées que les hommes à faire face à cette situation.

5h42. Le parent télé-travailleur est souvent oiseau de nuit, ou disons du petit matin, et je ne fais pas exception à la règle. Au-delà d’un certain nombre d’enfants ou en raison de leur très jeune âge, la crise sanitaire rend indispensable cette pratique, par ailleurs répandue chez les écrivains – Balzac, Kafka, Murakami ou Duras, laquelle notait justement, dans Écrire (1993), « Un livre, c’est la nuit ». J’avance dans le noir à tâtons, précautionneusement pour ne pas risquer de les réveiller, je me souviens comment un faux-pas sur un Playmobil ou une peluche couinante pouvait ruiner une séance de travail nocturne quand les enfants étaient petits. Attentive à mes mouvements, je sais qu’idéalement il me faudrait éviter le chat – peine perdue, il vient se frotter à mes jambes –, au moins lui faire comprendre que je ne me suis pas levée pour jouer avec lui. 

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