Le don d’organes ou le consentement par défaut
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 95 de Philosophie magazine « La nature a-t-elle toujours raison ? », en kiosque le 03 décembre 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Petit quiz : pour quelle raison seuls 12 % des Allemands sont donneurs d’organes après leur décès, alors que 99,98 % des Autrichiens le sont ? Il s’agit après tout de deux pays culturellement proches et au pouvoir économique similaire. La réponse est simple : un citoyen allemand qui souhaiterait donner ses organes après sa mort devra en faire la demande de son vivant, alors qu’un citoyen autrichien est considéré comme donneur d’organes par défaut (c’est aussi le modèle adopté en France). Dans les deux cas, les individus ont la possibilité de choisir autrement. Cependant, la plupart des gens ne se donnent pas cette peine et conservent par inertie leur choix par défaut. Par ailleurs, considérer les individus comme donneurs d’organes par défaut leur suggère que c’est la « bonne » option et qu’il serait malvenu de la changer – il y a là un pouvoir de suggestion psychologique à l’œuvre. Enfin, envisager ce qui va se passer après leur mort peut mettre certaines personnes mal à l’aise et les empêcher de prendre des dispositions concernant ce que l’on fera de leur corps.