Vertiges
Le libre arbitre, c’est dans la tête ? La chronique d’Étienne Klein
Etienne Klein.©Serge Picard pour PM - photo ©unsplash
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Cet article est issu du numéro 193 de Philosophie magazine « À quel moment je m'engage ? », en kiosque le 25 septembre 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Vous croyez prendre vos décisions en votre âme et conscience ? Pourtant, les neurosciences prouvent que cela se joue ailleurs… et souvent à l’insu de notre plein gré.
C’est la rentrée, c’est-à-dire une période propice aux prises de décisions : quel sport vais-je pratiquer cette année ? Partirai-je en week-end à la Toussaint ? Devrais-je renouveler mon abonnement à Philosophie magazine ?
Et chaque fois que nous prenons une décision, nous avons le sentiment qu’elle est le résultat d’un processus s’étant déroulé sous notre contrôle. « Prendre une décision », voilà en effet une expression laissant entendre qu’elle procède d’un travail réflexif que nous exécutons librement et en peine conscience. Elle suggère même que nous serions véritablement capables de faire des choix raisonnés, autrement dit d’arbitrer, après mûre réflexion, entre différentes options qui s’offrent à nous. Dans le prolongement de cette intuition, nous inclinons à croire que notre cerveau est en somme là pour prendre acte des volontés qui finissent par surgir au sein de notre conscience, et pour ensuite les exécuter. En d’autres termes, nous avons l’impression que notre réflexion est capable d’exercer un pouvoir réel, effectif, sur notre cerveau.