Le meilleur des philosophes possibles ?
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Cet article est issu du numéro 125 de Philosophie magazine « Et vous, comment faites-vous la fête ? », en kiosque le 28 novembre 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Leibniz, logicien déconnecté du monde matériel ? C’est mal connaître celui qui dialogua avec les esprits les plus brillants de son temps et jeta même les bases de l’informatique. D’un Dieu supercalculateur à nos ordinateurs, il n’y a qu’un pas…
Ceux qu’il a lus
Hobbes (1588-1679)
« Je crois avoir lu la plupart de vos œuvres […], et je prétends en avoir tiré profit comme peu d’autres en notre siècle » : c’est ce qu’un Leibniz de 24 ans écrit au philosophe qui l’influence le plus profondément. Admirateur de celui qui affirme que penser c’est calculer, Leibniz n’en demeure pas moins critique à son égard. Hobbes affirme l’unicité de la souveraineté politique guidée par une volonté unique et indiscutable, quand Leibniz défend une souveraineté plurielle.
Descartes (1596-1650)
Leibniz a la dent dure contre son aîné : il qualifie sa métaphysique de « tissu de paralogismes » et sa physique de « beau roman ». Contrairement à Descartes qui affirme que Dieu crée librement les vérités universelles, Leibniz, en rationaliste convaincu, montre que Dieu même ne peut s’affranchir des principes de la logique. Il critique aussi le mécanisme cartésien, réfutant l’idée d’une matière inerte à qui le mouvement serait donné de l’extérieur.