Cinéma

“Le Mohican” : un maquisard contre la mafia corse

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“Le Mohican” : un maquisard contre la mafia corse

Alexis Manenti dans “Le Mohican” (2025), de Frédéric Farrucci. © Koro Films/Atelier de production/Les Films Velvet/Novoprod

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Dans Le Mohican, sorti le 12 février, un berger corse incarné par Alexis Manenti est traqué par la mafia après avoir refusé de lui céder ses terres. Un thriller haletant, qui critique avec une rare frontalité les pratiques criminelles sur l’île. 


 

Joseph a la démarche empesée, le verbe rare et le regard franc. Modeste berger corse, comme l’étaient ses aïeux avant lui, le héros du film Le Mohican, incarné par Alexis Manenti (Les Misérables, Le Ravissement), a hérité d’une ferme située sur le littoral de l’Île de Beauté. Une contrée de misère il y a quelques décennies, mais une manne potentielle aujourd’hui pour la mafia locale, qui rêve d’y implanter de juteuses constructions immobilières avec vue sur mer – quitte à avoir recours à la force pour y parvenir.

Après avoir subi de violentes pressions pour céder son terrain, Joseph s’emporte et tue l’un des maîtres-chanteurs. S’ensuit une longue traque du berger récalcitrant dans le maquis, au cours de laquelle ce résistant malgré lui gagne le titre de « Mohican » auprès de la population, mobilisée via les réseaux sociaux par sa nièce Vannina (Mara Taquin). Et la mafia de montrer son vrai visage, violent, méprisable, avide d’argent, dans ce thriller haletant à la bande-son mélancolique et inquiétante composée par le musicien Erwan Castex, dit Rone.

Modernité prédatrice

Après Le Royaume (Julien Colonna), À son image (Thierry de Peretti) et Borgo (Stéphane Demoustier), Le Mohican est le quatrième film en quelques mois à raconter de l’intérieur la Corse et son pendant mafieux. Mais le regard porté sur cette société parallèle criminelle est tout sauf tendre. Frédéric Farrucci livre une charge virulente contre la mafia, qui menace aveuglément les femmes et les hommes ayant contribué à forger l’esprit même de la Corse. Le réalisateur s’inspire de son propre documentaire Un Mohican (2017, visible ici dans son intégralité), centré sur un éleveur de chèvres (mais dont le destin est moins mouvementé que celui de Joseph), en jouant des codes du western pour creuser la tension entre l’étendue de la puissance publique et le pouvoir démesuré des hors-la-loi, qui ne cessent d’en saper les fondements.

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