Éric Francelet. Action Man

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Éric Francelet. Action Man

© Mathieu Zazzo pour PM

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Cet article est issu du numéro 41 de Philosophie magazine « 41 - été 2010 », en kiosque le 01 juillet 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Comment être juste quand on est en lutte contre le grand banditisme et que l’action domine ? Le commissaire Éric Francelet a franchi les bornes un jour de mai 2005, lors d’un échange de tirs. Une faute, que le gradé ne pouvait ignorer, le met sur la touche. L’occasion de revenir sur le bien et le mal.

Chaleureux, gouailleur, le commissaire Éric Francelet pourrait jouer dans n’importe quel polar. Sauf que son univers est celui de la violence, la vraie, pas celle des films. Celle qui laisse une empreinte durable, acide, douloureuse. Un matin de mai 2005, ils sont deux à poursuivre un duo de braqueurs à travers la banlieue parisienne. Au volant, le voyou connaît son affaire et, derrière, les policiers sont à la peine. Après une demi-heure de course-poursuite, les voitures se rapprochent, des coups de feu sont échangés. Les policiers visent les pneus. Dangereux à cette allure. Une balle atteint le conducteur de la voiture poursuivie qui stoppe sa course contre un trottoir. Son complice s’échappe, mais le chauffeur est gravement blessé. « Ce jour-là, raconte le commissaire, je me suis laissé emporter et j’ai commis une faute. Depuis, je ne dors plus comme avant. » Le sommeil de l’injuste ? « En quelque sorte. C’est parfois difficile à comprendre pour les gens qui ne connaissent mon monde qu’à travers la fiction, mais voyou ou pas, nous n’avions pas le droit de tirer. Dans le feu de l’action, j’ai manqué de lucidité. » Résultat : il est sanctionné, retiré du terrain, mis sur la touche. « C’était normal. Vous connaissez la phrase : “Agir en homme de pensée, penser en homme d’action.” Sur ce coup, je me suis aperçu qu’il me manquait la première partie. » Merci Bergson.

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