Octobre 2026
Philosophie Magazine #203
État de satisfaction intense et durable, distinct du plaisir qui est toujours bref, discontinu et partiel. Si chacun connaît des moments de plaisir, tous n’atteignent pas cette paix intérieure qu’est le bonheur. D’autant qu’être heureux peut dépendre de la bonne fortune (« bon-heur » provient du bon présage : bonum augurium), de la chance et pas seulement du mérite de celui qui cherche la félicité, voire la béatitude par effort et goût de la perfection. Considéré plus souvent comme un idéal que comme une réalité, le bonheur est pour les Grecs l’état ressenti par le sage qui, ayant épanoui toutes ses facultés, contemple et pratique le Bien. On appelle eudémonisme, une philosophie qui, comme celle d’Aristote, vise le bonheur et hédonisme, celle qui valorise le plaisir. Être heureux est alors à la fois un état psychologique et un devoir moral. Les penseurs du XVIIe siècle, Descartes ou Spinoza, appellent joie cette passion qui fortifie l’âme. Avec l’avènement de la démocratie, « le droit au bonheur », que les Américains ont inscrit dans leur Constitution, légitime la demande d’une certaine aisance matérielle que satisfait la société de consommation. Contre les plaisirs artificiels, la quête du bonheur se tourne désormais souvent vers la nature, l’authenticité d’une vie simple qui permet d’éprouver « le sentiment de l’existence » (Rousseau).
Aristote est le plus célèbre des disciples de Platon. Précepteur du jeune Alexandre Le Grand durant trois ans mais attiré par le prestige d’Athènes, celui que l’on surnomme le Stagirite (parce qu’il est né en Macédoine à Stagire) ou le philosophe péripatéticien (parce qu’il enseignait en marchant) fut le fondateur du Lycée, école concurrente de l’Académie de Platon.
Pourquoi sommes-nous tant aliénés par la société de consommation ? Comment s’accommoder d’un monde de plus en plus artificiel ? Ces questions très concrètes sont celles que se pose Jean Baudrillard, philosophe et sociologue français, penseur de ce qu’on appelle la postmodernité, époque où les rêves glorieux de conquête du bonheur par le progrès se sont évaporés.
Écrivain ou philosophe ? Les deux Monseigneur, et bien plus encore puisque Michel Eyquem de Montaigne fut également magistrat, conseiller au Parlement, diplomate et maire de Bordeaux !
Un pleurnicheur, Rousseau ? C’est l’image qu’il a parfois auprès de ceux qui comprennent mal une sensibilité qui, au-delà de la philosophie, s’étendait aussi à la musique – car Rousseau est aussi un compositeur – et à la littérature. Il est vrai que, sur le plan philosophique, le Genevois n’a eu de cesse de dénoncer les injustices et de réfléchir aux conditions réelles de la liberté.
« C’est dans la vie sauvage que repose la sauvegarde du monde. » En plein essor industriel des États-Unis, un jeune diplômé de Harvard fait entendre une voix discordante dans les années 1830, en proposant de retrouver un mode de vie centré sur le sauvage.
Dans nos sociétés constamment au bord du burn-out et obsédées par la rentabilité, où est passé le plaisir ? Existe-t-il un chemin pour le (re)trouver …
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Pour Spinoza, la liberté suppose d’agir en conscience. Un siècle plus tard, John Stuart Mill déplace la question sur le plan politique : on peut faire et dire ce que l’on veut, tant que cela ne nuit pas à autrui. …
Existe-t-il une recette du bonheur ? Probablement pas plus qu’il y a de chemise de l’homme heureux, mais cela n’a jamais empêché les philosophes de la chercher : pour Aristote, le bonheur est lié à la contemplation des vérités…
Qu’est-ce qui nous pousse à mettre un pied devant l’autre ? Les motifs les plus divers, pointe le philosophe Michel Malherbe. Mais si l’on se met en route avec une finalité, on finit par marcher sans fin. Pour le plaisir de laisser…
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Les philosophes, dit Mehdi Belhaj Kacem, ont longtemps voulu reléguer le mal au rang d’épiphénomène. Avec Rousseau, Kant et Schopenhauer, ils l’ont enfin placé au cœur de leur problématique. Car la civilisation doit plus au mal qu’au…