Édito

Le monde à hauteur d’enfant

Temps de lecture : 3 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 141 de Philosophie magazine « Le bonheur est dans le près », en kiosque le 17 juillet 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Ici, une démarcation entre deux plaques de goudron – l’une ancienne, l’autre récente. Je saute. Là, une lézarde dans le macadam, produite par un tremblement de terre passé inaperçu ou, plus vraisemblablement, par le poids d’un camion de livraison trop mastodontesque pour la rue. Je fais un entrechat. Non loin, un joint de ciment entre deux pavés de granit dépoli. Juste après, une minuscule tranchée de sable. Petit bond, nouvel élan, je reprends avec difficulté mon équilibre.

Comme tous les enfants, j’ai beaucoup joué avec les lignes des trottoirs. J’adaptais le rythme de mes pas à leurs dessins géométriques irréguliers. Et ça me faisait sautiller, ralentir ou accélérer subitement. Si un adulte me tenait par la main et m’entraînait, c’était encore plus acrobatique, car je devais tout à la fois m’adapter à son allure et respecter les marques capricieuses du sol.

Cet article est réservé aux abonnés