Faux et usage de faux
Le pape en doudoune n’est pas un prophète de malheur
Deux images du pape François réalisées à l’aide d’une intelligence artificielle, générant une image à partir de texte. © Pablo Xavier/Midjourney
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Les fausses photographies générées par l’intelligence artificielle (IA) créent la sensation sur les réseaux, du cliché de Donald Trump arrêté par la police américaine à celui du pape François en doudoune, en passant par celui présentant Emmanuel Macron en éboueur parisien. Pour l’historien de l’art Jörg Scheller, loin de miner définitivement la croyance en leur vérité, le phénomène ouvre peut-être la voie à un nouvel âge, plus responsable et plus éclairé, des images.
Hier, je suis passé devant un panneau publicitaire à la gare centrale de Hambourg. Le pape François y figurait, plus grand que nature. Sur son immense doudoune immaculée, on pouvait lire : « En quoi peut-on encore croire ? » Depuis le week-end dernier, cette étrange photo circule sur les réseaux sociaux, avant de se propager rapidement dans les médias traditionnels. Certains utilisateurs, comme l’activiste Stefan Anpalagan, ont cru qu’il s’agissait d’une photographie « réelle ». D’autres ont tout de suite compris qu’il s’agissait d’un photomontage (de mauvaise qualité) produit par une IA, du fait des proportions incohérentes. D’autres encore ne se sont pas du tout souciés de savoir s’il s’agissait d’un original ou d’un faux, et en ont simplement profité pour se répandre en commentaires variés. Dans tous les cas, cette image du pape est devenue viral– comme la vidéo du « Techno Viking », l’un des premiers mèmes Internet – de manière brusque et imprévue, incontrôlée et incontrôlable.