Naissance d’une notion

L’ego-surfing

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L’ego-surfing

© Pablo Pasadas / Colagene pour PM

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Cet article est issu du numéro 70 de Philosophie magazine « 70 - juin 2013 », en kiosque le 30 mai 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Les moteurs de recherche sont capables de calculer la notoriété, la vôtre ou celle de Lady Gaga. Une révolution qui n’est pas sans répercussion sur la définition même de la culture.

Vous tapez votre nom (ou celui d’un autre « ego », celui de vos amis, patrons, stars favorites…) dans un moteur de recherche, et voilà, vous faites de l’ego-surfing, aussi nommé self-googling. À quoi cela sert-il ? Au moins à s’amuser du hasard des référencements, comme dans un dialogue impossible avec un robot. Très éventuellement, à se rassurer sur la densité de son existence !

Repérer cette pratique, parmi les nombreuses engendrées par la culture numérique, n’a rien du scoop. Mais dès qu’on lui donne un nom et surtout qu’on en explique les mécanismes, alors nous entrons dans un monde nouveau. Deux mathématiciens, Jean-Paul Delahaye et Nicolas Gauvrit, étudient les biais de cette statistique planétaire de la citation. Et révèlent les subtilités de ce qu’ils appellent la « culturomique », cette « science numérique de la culture » ouverte par le traitement de gigantesques bases de données, notamment les cinq millions de livres provenant des quarante plus grandes bibliothèques universitaires mondiales, numérisés par Google.

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