Capitalisme / Contrôle
Les États reprendront-ils la main sur les zones de non-droit ?
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Cet article est issu du numéro 65 de Philosophie magazine « 65 - décembre 2012, janvier 2013 », en kiosque le 29 novembre 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Des favelas de Rio au nord du Mali, un nouveau front de combat s’est ouvert : non contre le terrorisme mais contre la progression de la « zone interdite », prophétisée par l’anarchiste américain Hakim Bey.
À première vue, les deux événements sont bien distincts. Le 14 octobre à l’aube, le gouvernement brésilien lançait 170 fusiliers marins, 1 300 policiers et 13 blindés à l’assaut des deux favelas les plus violentes de la banlieue de Rio, Jacarezinho et Manguinhos. L’opération s’est soldée par la mort de cinq chefs présumés du trafic de drogue. La manœuvre avait pour but de reprendre le contrôle de ces plaques tournantes du crack avant la Coupe du monde de football de 2014. Deux jours plus tôt, le Conseil de sécurité de l’ONU adoptait à l’unanimité une résolution présentée par la France, concernant le nord du Mali. Rappelant son « attachement ferme à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale du Mali », il faisait part de son inquiétude face à « la présence de plus en plus solidement établie d’éléments islamistes, notamment d’Al-Qaida au Maghreb islamique [Aqmi] », dans la région. Ce vaste espace, entre Sahel et Sahara, échappe à toute souveraineté étatique et se trouve sous la coupe de groupes islamistes armés. Enrichis par le trafic de drogue, renforcés par le pillage de l’arsenal libyen, ils se jouent des frontières et semblent rayonner librement dans le sud de l’Algérie, de la Libye ou en Mauritanie. La résolution onusienne n’est qu’un premier pas vers une intervention appuyée par la communauté internationale.