Les références de l’éthique sexuelle
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Cet article est issu du numéro 7 de Philosophie magazine « 7 - mars 2007 », en kiosque le 22 février 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Les restrictifs
Aristotélisme
IVe siècle av. J.-C.
Thèse : Les choses sont naturelles lorsqu’elles remplissent correctement la fonction qui est la leur. En ce sens, la sexualité devrait avoir pour fin la reproduction. On peut assigner, de façon « néo-aristotélicienne », une autre perfection à la sexualité : par exemple, la communion avec l’autre.
Problème : Cette conception suppose qu’on puisse se mettre d’accord sur une « perfection » de la sexualité humaine vers laquelle tout le monde devrait tendre ; perfection qui demeure controversée.
Référence : Les Politiques, Aristote.
Théologie
Moyen Âge
Thèse : La loi morale est révélée par une divinité et prescrit ce que doit être une « bonne » sexualité. En dépit des différences entre les religions, la prescription de l’hétérosexualité à des fins reproductives et comme expérience d’un don mutuel d’amour au sein d’un couple marié est un leitmotiv, souvent assorti de condamnations de l’homosexualité, de l’adultère, etc.
Problème : Suppose l’adhésion à une croyance religieuse.
Référence chrétienne : Somme contre les Gentils, Thomas d’Aquin (1258).
Emmanuel Kant
XVIIIe siècle
Thèse : La morale, y compris dans l’activité sexuelle, repose sur le respect de la dignité humaine, c’est-à-dire sur le respect de la loi morale prescrivant de « ne jamais appréhender autrui comme un moyen, mais toujours aussi comme une fin ».
Problème : Pour Kant, la sexualité fait précisément d’autrui un moyen pour notre plaisir. La solution qu’il propose ne passe que par le contrat de mariage, sans aller jusqu’à reconnaître le caractère moralement licite de toute activité sexuelle fondée sur le consentement mutuel.