Les vertus économiques du vice
Portrait de Bernard Mandeville (cc) Reproduit dans "Mandeville, A Historical Compendium" (New Orleans, 1918)
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Cet article est issu du numéro 81 de Philosophie magazine « 81 - été 2014 », en kiosque le 03 juillet 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
L’Union européenne somme ses membres d’intégrer les revenus de l’économie souterraine dans le calcul de leur croissance. Dès le XVIIIe siècle, le philosophe Bernard Mandeville n’y voyait pas à mal…
« Le vulgaire peu perspicace aperçoit rarement plus d’un maillon dans la chaîne des causes ; mais ceux qui savent porter leurs regards plus loin et veulent bien prendre le temps de considérer la suite et l’enchaînement des événements, verront en cent endroits le bien sortir du mal à foison, comme les poussins sortent des œufs. » Initiée par Bernard Mandeville en 1714 dans sa célèbre Fable des Abeilles où il se proposait de montrer comment les « vices privés font le bien public », la perspective libérale d’une « chaîne de causes » qui ferait sortir « à foison » un bien (économique) d’un mal (moral) semble retrouver un certain attrait, comptable du moins, dans une Europe en quête de nouveaux « revenus ».