Les classiques éclairent le présent
L’expérience de la guerre racontée par des philosophes (1/2)
Le philosophe Alain pendant la Première Guerre mondiale. Affecté au 3e régiment d’artillerie lourde et gravement blessé au pied à Verdun le 23 mai 1916 (il se le broie dans une roue de chariot), il fait un court séjour aux services météorologiques de l’armée. Il sera démobilisé en 1917. © DR
Qu’entend-on si l’on se branche sur les fréquences radio utilisées par les soldats russes en Ukraine ? Surprise au bout de la ligne, captée par Samuel Cardillo, fondateur du groupe de réflexion ShadowBreak : « Les soldats russes sont en plein désarroi. […] Ils n’ont aucune idée de ce qu’ils sont en train de faire. […] Il y a eu des moments où nous les avons entendus pleurer pendant des combats. »
Un témoignage de ce que la guerre n’est pas seulement une question de géopolitique. Elle met en jeu des hommes et des affects. Plusieurs philosophes en ont d’ailleurs fait l’expérience eux-mêmes : ils ont couché sur papiers des témoignages de l’horreur, du sacrifice, et de la chosification subie.
Dans ce premier volet consacré aux récits de philosophes en guerre : Bergson, Wittgenstein, Alain ou Jünger racontent leur Grande Guerre intime.
Retrouvez ici notre deuxième volet sur cette question, consacré à la Seconde Guerre mondiale.