Vertiges

Lieux de vacance. La chronique d’Étienne Klein

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Lieux de vacance. La chronique d’Étienne Klein

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Cet article est issu du numéro 191 de Philosophie magazine « Pourquoi se complique-t-on la vie ? », en kiosque le 03 juillet 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Changer de cadre de vie, le temps d’un été ou de manière plus durable, change aussi notre rapport au monde et à nous-mêmes… À moins de s’appeler Albert Einstein !

 

Je viens de déménager. 200 mètres seulement séparent mon ancienne adresse de la nouvelle, mais cette faible distance a suffi à me rappeler à quel point nous ne sommes pas invariants par translation dans l’espace : quitter un lieu qui était devenu habituel, c’est changer de voisins, de point de vue, d’ambiance sonore, donc quasiment changer de monde. On est provisoirement comme mis en congé de la précédente version de soi-même. 

À la condition toutefois de ne pas être Albert Einstein (ce qui est le cas de tout le monde depuis 1955). Car lui était agéographique, une sorte de « génie du non-lieu » : sa vie intérieure et sa façon de réfléchir étaient indépendantes de l’endroit où se trouvait son cerveau. 

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