Cinéma
L’indésirable par excellence
Wikström (Sakari Kuosmanen, au centre) propose d’aider Khaled (Sherwan Haji, à gauche), jeune réfugié syrien dans De l’autre côté de l’espoir d’Aki Kaurismäki © Sputnik Oy / Malla Hukkanen
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Cet article est issu du numéro 108 de Philosophie magazine « Pourquoi tout peut arriver », en kiosque le 23 mars 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Le cinéaste Aki Kaurismäki, pince-sans-rire, filme de “L'Autre côté de l’espoir”, à partir de ce point de vue qui transgresse la frontière imaginaire dressée entre les réfugiés et nous. En salles le 15 mars.
Dès les premières images, deux pupilles brillantes éclairent un visage noirci. Khaled, un jeune réfugié syrien, émerge d’un tas de charbon, à bord d’un cargo qui accoste à Helsinki. Échoué par accident dans la capitale finlandaise, il demande l’asile, qui lui est rapidement refusé, mais il échappe à l’expulsion en se faisant la belle, errant dans la ville. Un soir, Wikström, ex-représentant de commerce devenu propriétaire d’un restaurant après avoir gagné au poker, se retrouve face à lui, alors qu’il sort les poubelles. Échange viril, un poing dans la face, chacun. Un noir. La séquence suivante, tous deux partagent un dîner et un verre, avec un coton dans le nez. Wikström avec son allure hiératique et distinguée de vieil aventurier revenu de la vie offre à Khaled l’hospitalité. Il le prend sous sa responsabilité. Mais pourquoi donc ?