Témoignages
Pourquoi la pilule contraceptive ne passe plus
© Georges Peters/iStockphoto
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Effets secondaires indésirables, changement de son rapport à soi… La pilule contraceptive séduit de moins en moins de jeunes femmes, à tel point que le ministère de la Santé a décidé de sa gratuité pour les femmes de moins de 25 ans. Voici le témoignage de femmes qui ont décidé de s’en passer… ou de la garder, mais sous conditions.
La petite pilule que Beauvoir désignait comme « une fameuse invention que l’on avale le matin avant de se brosser les dents » a considérablement perdu de son cachet. À l’origine de cette désaffection : la « crise de la pilule de 3e et de 4e génération » en 2012, mais aussi certains effets secondaires comme la prise de poids, la baisse de libido et les variations d’humeurs.
Plus largement, l’arrêt de la pilule semble résulter d’une volonté de connaître le fonctionnement de son corps à l’état « naturel » : en l’occurrence, sans hormone non sécrétée par le corps. La pilule hormonale est parfois perçue comme un élément artificiel qui viendrait modifier le fonctionnement « naturel » du corps. La nature serait la norme « positive », « saine », opposée à l’intervention médicamenteuse qui, elle, serait à combattre. Que penser de cette nouvelle approche, si différente de celle qui avait permis aux femmes de contrôler (enfin !) leur contraception à partir de 1967 ?
Apprendre à se (re)connaître
« J’ai l’impression qu’il y a un énorme trou à l’endroit du mon utérus, et que ce trou aspire l’intégralité de mon être. Ça irradie partout : j’ai chaud, je transpire, j’ai envie de vomir c’est un peu comme une transe. J’ai appris après que c’était la douleur d’un nerf qui rattache l’utérus à la colonne vertébrale. C’est pour cela que c’est une douleur plus diffuse, plus profonde, plus totale. »
C’est ainsi que Solène décrit la douleur de ses règles, dont l’ampleur est souvent masquée par les termes médicaux génériques de « crampe » ou de « contraction ». Seule la pilule est capable de diminuer ces douleurs, mais Solène a quand même choisi d’arrêter. La raison principale de ce choix est qu’elle ne « se reconnaissait plus » lorsqu’elle prenait la pilule. Elle vivait, dit-elle, dans « un état de tristesse complètement incompréhensible ».