Portrait de famille

Lucius Verus, la honte de la famille

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Lucius Verus, la honte de la famille

© Lionel Richerand pour PM

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Cet article est issu du numéro 39 de Philosophie magazine « 39 - mai 2010 », en kiosque le 29 avril 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La postérité n’a pas retenu le nom de Lucius Verus, le frère d’adoption de Marc Aurèle. Débauché, sceptique, avide de néant, ce stratège oublié a tendu un miroir ironique à la vertu et au stoïcisme impérial.

Du IIe siècle au début du Moyen Âge, le stoïcisme tient lieu dans l’empire de « pensée unique » partagée tant par les élites que par les classes moyennes romaines et coloniales. Hormis quelques épisodes de répression – sous Néron et Domitien –contre les maîtres de cette doctrine, elle devient au IIe siècle le dada intellectuel de Trajan, Hadrien, Antonin, puis de Marc Aurèle. L’épicurisme, quant à lui, ne jouit d’aucune bonne presse. La vision d’éphémères combinaisons atomiques grouillant au hasard dans le vide flanque le vertige. Il y a surtout du mou dans le dogme de l’ataraxie. Au Ier siècle, sous l’influence des poètes Lucrèce, Horace et Ovide, la morale du plaisir comme -tempérance s’est transfigurée en art des plaisirs variés et sophistiqués prisé dans les cercles mal vus d’esthètes, de mécréants, de libertins. Telle est l’« école » de Lucius Verus.

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