Théâtre

Milo Rau, scène de violence

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“La Reprise - Histoire(s) du théâtre (I)” de Milo Rau © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon

La Reprise - Histoire(s) du théâtre (I) de Milo Rau © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon

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Comment représenter la violence ? En lecteur de Kierkegaard, le metteur en scène Milo Rau s’y essaie brillamment avec “La Reprise”, une pièce qui ébranle les spectateurs et révolutionne une certaine idée du théâtre. Un succès à Avignon repris à Paris dès la rentrée.

Que peut le théâtre ? Qu’est-il possible de représenter ? Que signifie rendre une représentation « réelle » ? Milo Rau adresse ces questions avec brio dans La Reprise, un spectacle saisissant, succès au Festival d’Avignon, en tournée au théâtre Nanterre-Amandiers dès septembre. 

Le nouveau directeur artistique du théâtre belge NTGent, à Gand, s’est emparé d’un fait divers : le meurtre d’Ihsane Jarfi, assassiné à Liège en 2012, pour en tirer une réflexion sur la violence ainsi qu’un manifeste pour le théâtre contemporain. 

À partir de témoignages qu’il a recueillis, dont ceux de proches de la victime, il a repris l’enquête de manière documentaire pour en tirer une tragédie. Car ce meurtre sans raisons ni explications, littéralement absurde, est le fait d’un « hasard », de même, selon Milo Rau, qu’Œdipe tue son père parce qu’il le rencontre à un carrefour : Ihsane Jarfi a été battu à mort dans une forêt après être monté dans une voiture à la sortie d’une boîte de nuit, « fortuitement ». L’essence de la tragédie est là, dans l’incompréhensible, dans « l’imperméabilité́ traumatique de la violence ». 

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