Nassim Taleb : « Le monde est plus fou qu’on ne le pense »

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Cet article est issu du numéro 25 de Philosophie magazine « 25 - hiver 2008 », en kiosque le 04 décembre 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Trois questions à Nassim Taleb. Philosophe, expert de la psychologie des risques, cet ancien trader libano-américain est l’auteur de best-sellers sur l’incertitude.

Pour vous, l’histoire est une suite d’événements imprévisibles qui cassent nos repères. Vous utilisez l’image du « cygne noir ». Expliquez-nous…

Avant la découverte de l’Australie, l’Ancien Monde était convaincu que tous les cygnes étaient blancs. Cette certitude fut invalidée quand le premier cygne noir fut découvert. L’histoire est remplie de ce type d’événement. Qu’appelle-t-on, depuis, « cygne noir » ? C’est d’abord une aberration : rien n’indiquait qu’un tel fait ait des chances de se produire. Ensuite, son impact est extrêmement fort. Enfin, nous cherchons à élaborer des explications pour, après coup, rendre ce fait explicable et prévisible. Ces trois moments caractérisent un « cygne noir ». Dans un monde interdépendant, où les inégalités sont telles qu’un seul phénomène peut avoir un impact disproportionné sur l’ensemble de la planète, ils sont voués à se démultiplier. C’est ce que j’appelle le monde de « l’Extrémistan ».

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