Écologie / Principe de précaution

Ne traversez pas la rue pour acheter du soja transgénique !

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Cet article est issu du numéro 85 de Philosophie magazine « 85 - décembre 2014-janvier 2015 », en kiosque le 27 novembre 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Cinq chercheurs, parmi lesquels Nassim Nicholas Taleb, viennent de publier une stimulante étude sur le principe de précaution. Mais l’application de leur théorie a ses limites…

« S’intéresser aux événements qui font la Une des journaux sans se demander s’il existe des dangers plus grands encore, c’est un peu comme se préoccuper du vin qu’on servait à bord du Titanic. » Voici l’une des saillies que l’on peut glaner, en ligne, dans un article spécialisé très ambitieux, « Le principe de précaution (avec une application aux OGM) », signé par cinq intellectuels, dont Nassim Nicholas Taleb, auteur du Cygne noir. La puissance de l’imprévisible (Les Belles Lettres, 2008), l’écologiste anglais Rupert Read ou le mathématicien français Raphaël Douady.

Cet article part de cette définition, drastique, du principe de précaution (PP) : dès qu’une action peut avoir de graves conséquences sur l’environnement et/ou la santé publique, on ne peut la mettre en œuvre que si l’on est capable de montrer avec quasi-certitude que tout se passera bien. Sinon, il faut s’abstenir. Selon les détracteurs du PP, cela relève du non-sens : lorsqu’on traverse la rue, le risque de mourir écrasé n’est pas nul. Faudrait-il pour autant interdire à tous de traverser la rue ?

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