Décryptage

Nintendo Switch : peut-on déprogrammer l’obsolescence programmée ?

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Nintendo Switch : peut-on déprogrammer l’obsolescence programmée ?

© Enrique Vidal Fores/Unsplash

L’organisation de défense des consommateurs UFC-Que choisir porte plainte contre Nintendo. L’entreprise a lancé en 2017 la console de jeux vidéo Switch, énorme succès commercial. Mais des milliers d’utilisateurs, affirme Que choisir, connaissent des problèmes récurrents avec la commande de direction de l’une des manettes, le Joy-Con, qui permet d’orienter les personnages et d’évoluer dans les menus. La plainte vise donc explicitement « l’obsolescence programmée » de ces manettes. 

En 2014, le ministre délégué à l’Économie sociale et solidaire et à la Consommation Benoît Hamon avait fait voter une loi visant à lutter contre ce phénomène. Nous lui avons proposé de rencontrer le philosophe Yves Michaud, passionné par les objets et leurs transformations dans le nouveau capitalisme. Selon l’ex-ministre et ancien candidat à l’élection présidentielle en 2017, l’obsolescence programmée est un « stratagème » utilisé par certains industriels pour réduire la durée de vie des objets et « inciter les consommateurs à les remplacer plus souvent. Le consommateur est trompé dans sa relation contractuelle ». S’il est d’accord sur le constat, Yves Michaud remarque que nous avons changé d’époque. Si « nous nourrissons une nostalgie de l’objet durable, réparable, d’un monde stable », nous sommes entrés dans une ère de « la fluidification de l’expérience ». D’après lui, « le monde n’est plus durable. Seules subsistent les expériences. » Au fond, l’obsolescence programmée ne correspond-elle pas à notre désir nouveau d’expériences vécues, au détriment de la solidité des choses ?

Lâchez la manette pour lire le dialogue entre Benoît Hamon et Yves Michaud