Normand Baillargeon : « Transmettre les savoirs généraux indispensables à la démocratie »
© Nicolas Mahler pour PM
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Cet article est issu du numéro 72 de Philosophie magazine « 72 - septembre 2013 », en kiosque le 22 août 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
« Nul n’entre ici s’il n’est géomètre » avait inscrit Platon au fronton de son Académie. Et aujourd’hui ? Cinq philosophes reviennent sur leur propre formation et proposent des voies pour faire mieux.
D’abord, je propose de faire une distinction conceptuelle entre éducation et scolarisation. Il est possible d’avoir passé de nombreuses années à l’école sans être éduqué, et inversement d’être très éduqué sans jamais avoir mis les pieds à l’école. La scolarisation n’est que l’un des moyens possibles de l’éducation, et elle n’est pas forcément le plus efficace.
Si l’on entend par “éducation réussie” une acquisition satisfaisante des savoirs, une question se pose : quels savoirs voulons-nous transmettre ? À mon sens, il ne peut s’agir uniquement de savoirs spécialisés. Ainsi, il n’est pas souhaitable de former d’excellents chercheurs en médecine incapables de penser leur propre pratique ni de la relier aux enjeux sociaux, économiques, politiques. C’est pourquoi je suis en faveur de l’éducation par l’acquisition de savoir généraux, indispensables à ce que John Dewey appelle la “conversation démocratique”.