Événement
Nous avons visité la Cité internationale de la langue française
À l’intérieur de la Cité internationale de la langue française : l’ancienne cour du Jeu de paume et son ciel lexical conçu par l’agence Projectiles. © Amaury Cornu/Hans Lucas/AFP
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La Cité internationale de la langue française est inaugurée ce lundi par Emmanuel Macron au château de Villers-Cotterêts, dans l’Aisne, au nord-est de la région parisienne. Piloté notamment par la philosophe Barbara Cassin, le parcours nous plonge dans les méandres d’une langue en mouvement permanent. Notre journaliste Jean-Marie Durand s’est rendu sur place.
Moment clé de la politique culturelle affichée par le président Macron, l’inauguration, ce lundi 30 octobre, de la Cité internationale de la langue française, dirigée par Paul Rondin et logée dans le château de Villers-Cotterêts, rénové après quatre années de chantier sous le pilotage du Centre des monuments nationaux, pouvait a priori susciter des interrogations. Certains ne s’en sont pas privés – par exemple, ceux qui se désolent de la relance de grands projets culturels coûteux (211 millions d’euros) quand une grande partie des établissements culturels peine à survivre. Ou ceux qui s’alarment de l’instrumentalisation politique d’un tel enjeu, permettant de donner du grain à moudre à ceux qui critiquent la dégradation de la langue française au nom d’une conception conservatrice de la langue.
Pourtant, la Cité internationale de la langue française, ancrée dans un territoire pauvre en équipements culturels, propose une perspective linguistique et philologique pacifiée. Moins fétichiste des racines du français qu’attentive à ses métamorphoses, la Cité ne cherche pas la discorde autour des mots, mais une forme de concorde nationale dont la langue serait le garant politique et l’enveloppe charnelle. Il ne s’agit pas de s’extraire des querelles et des débats légitimes sur la vitalité ou la régression de la langue française, mais simplement d’en livrer une vision historique, d’en comprendre les enjeux, de donner aux visiteurs toutes les cartes permettant de se repérer dans l’Odyssée de la langue française. On est bien à Villers-Cotterêts dans une histoire globale lucide et non aveuglément patriotique.