Au fil des âges

Ô vieillesse ennemie ?

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Cet article est issu du numéro 37 de Philosophie magazine « 37 - mars 2010 », en kiosque le 25 février 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

À ceux qui pensent que le jeunisme date de Mai 1968, on ne peut que conseiller de relire ce vieux Platon. Dans La République (VIII), il décrivait déjà la « tyrannie juvénile » que suscite l’avènement de la démocratie. Parce qu’elle égalise tout – « même ce qui est inégal par nature » – la démocratie, disait-il, fait que « le père s’accoutume à traiter son fils comme son égal et à redouter ses enfants », que le maître craint « ses disciples et les flatte », que « les disciples font peu de cas des maîtres », que « les jeunes gens cherchent à imiter leurs aînés et à rivaliser avec eux », que « les vieillards s’abaissent aux manières des jeunes gens et se montrent plein d’enjouement et de bel esprit, imitant la jeunesse de peur de passer pour ennuyeux et despotiques ». À lire ces lignes, grande est la tentation de voir en Platon le prophète extralucide de nos travers les plus actuels. Avec cette difficulté néanmoins : à le suivre, la seule manière de les éviter serait de renoncer à la démocratie. Ce qui paraîtra sans doute un peu cher payé ! Si l’on veut échapper à cette extrémité, il faut tenter de définir avec précision ce que recouvre ce « jeunisme », que l’on met de nos jours à toutes les sauces.

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