Cinéma

“Ondine”, de Christian Petzold

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“Ondine”, de Christian Petzold

©Christian Schulz

Ondine, le nouveau film du cinéaste allemand Christian Petzold (réalisateur de Barbara et de Transit), sort aujourd’hui en salles. Ondine (incarnée par Paula Beer) est une doctorante en histoire qui vit à Berlin et donne des conférences sur la ville. Elle est abandonnée par l’homme qu’elle aime et est alors rattrapée par un mythe, qui ordonne à la naïade Ondine de tuer celui qui l’a trahie et de retourner sous l’eau. 
 



 


La bande-annonce d’Ondine, de Christian Petzold (en version originale sous-titrée en français).

Le film raconte une histoire d’amour hantée par une sorte de légende originelle qui la rend tragique : une femme et un homme s’aiment mais sont irrésistiblement entraînés vers l’abîme. Le symbole central du film est l’eau. Nous pensons souvent que cet élément est celui de la vie et de la régénération : l’eau fait croître, lave et purifie. Mais l’élément aquatique, masse compacte et silencieuse, est inquiétant. Il engloutit et noie. Il est donc également une image de la mort. 

Le philosophe des éléments et de leur puissance poétique, Gaston Bachelard, le souligne dans son ouvrage L’Eau et les rêves. Selon lui, « L’eau est […] une invitation à mourir ; elle est une invitation à une mort spéciale qui nous permet de rejoindre un des refuges matériels élémentaires. » Mais comme elle est à la fois apothéose de la vie et attirance vers la mort, « l’eau fournit le symbole d’une vie spéciale attirée par une mort spéciale ». C’est pourquoi elle implique la passion. Bachelard écrit encore : « L'appel de l'eau réclame en quelque sorte un don total, un don intime. » Le don de l’amour. Ondine, comme tous les grands mythes liés à l’eau, nous invite donc à lier l’amour, la vie et la mort. 

 

Ondine / De Christian Petzold / Avec Paula Beer et Franz Rogowski / Durée : 1h30 / En salles le 23/09
Une plongée dans la vie et l’œuvre de Gaston Bachelard