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“Passeport matériel”

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“Passeport matériel”

© Saad Salim / Unsplash

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Cet article est issu du numéro 166 de Philosophie magazine « Préférons-nous l’ordre ou le désordre ? », en kiosque le 12 janvier 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Et si l’on délivrait des cartes d’identité aux bâtiments ? C’est l’idée récemment mise en avant dans une exposition organisée par le Royal Institute of British Architects, Long Life, Low Energy: Designing for a Circular Economy. Le « passeport matériel » consiste à lister, à cataloguer, dans un horizon de modularité, les différents éléments constitutifs des bâtiments, afin de favoriser leur « réutilisation architecturale » si le bâtiment en question est démonté, comme l’explique Pete Collard, le commissaire de l’exposition. Un argument de poids dans le domaine de la construction, très émetteur de CO2 et très gourmand en matériaux, où le « recyclage » est encore très peu pratiqué. Comme l’expliquaient les architectes Thomas Rau et Sabine Oberhuber, les premiers à proposer l’idée dans l’essai inédit en français Material Matters (2017), « le déchet est un matériau sans identité », anonyme. Au contraire, « l’inventaire détaillé de tous les matériaux, ressources et composants d’un produit ou d’un bâtiment, ainsi que des informations détaillées sur leur emplacement » donne un nouvel avenir aux reliquats de bâtiments démolis. De quoi soulager, un peu, la planète ?

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