États-Unis
Pete Hegseth, le croisé de l'Amérique
Washington, le 22 juin 2025. Le secrétaire à la Défense américain Pete Hegseth lors d’une conférence de presse au Pentagone, après que l’armée américaine a frappé trois sites en Iran. © Alex Brandon/AP/Sipa
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Le secrétaire à la Défense américain, en poste depuis début 2025, défend une vision cataclysmique du monde où la religion occupe une place centrale. Cet ancien combattant prône ainsi la guerre sainte contre les gauchistes et surtout contre l’Islam. Nous avons lu de près ses écrits pour comprendre les motivations présidant à cette violente rhétorique.
Il faut sauver l’Amérique ! La vision de Pete Hegseth, secrétaire à la Défense des États-Unis, peut être résumée par ces quelques mots. L’homme se pique de philosophie : « J’ai étudié la philosophie politique à l’université de Princeton. J’ai ensuite étudié à la Kennedy School of Government de l’université Harvard. J’ai étudié les gouvernements et les philosophies politiques en long, en large et en travers. » Et s’il faut, à ses yeux, sauver l’Amérique, c’est qu’elle est en danger, confrontée à des ennemis qui lui voueraient une haine sans bornes.
D’après lui, l’heure est venue pour la première puissance mondiale de reprendre son destin en main, de lancer même une « guerre sainte » (dit-il expressément dans son ouvrage American Crusade: Our Fight to Stay Free, non traduit, 2020) : « Notre croisade américaine n’est pas une affaire d’épées, et notre combat ne se fait pas avec des armes à feu. Pas encore. » L’enjeu, à ses yeux : préserver l’identité des États-Unis, son mode de vie, ses traditions. Très conservateur, Pete Hegseth est considéré comme un nationaliste chrétien.
Croisade contre le “gauchisme” et l’Islam
La croisade à laquelle appelle Hegseth vise deux ennemis principaux. Il y a d’abord, si l’on peut dire, toutes les émanations endogènes de la dégénérescence intérieure du monde occidental, qui sapent selon lui les valeurs et les fondements de l’Amérique, ramenées aux « institutions judéo-chrétiennes ». Pêle-mêle sont attaqués : le « wokisme », le féminisme, le sécularisme, les études de genre, l’environnementalisme, le globalisme, le progressisme, le marxisme. Pete Hegseth parle, pour englober le tout, de « gauchisme ». L’autre ennemi, c’est l’islam ou l’islamisme – la distinction n’est pas évidente, chez lui. Certaines déclarations semblent les différencier, quand d’autres les confondent allègrement. Et pour cause, à ses yeux, l’islam a été « presque intégralement capturé et exploité par les islamistes ». C’est pourquoi il écrit, dans cette logique : « L’Islam est en guerre contre ses ennemis – c’est-à-dire tous les “infidèles” – depuis sa création, et il ne cessera jamais de le faire. […] L’Islam lui-même n’est pas compatible avec les formes de gouvernement occidentales. »