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Pierre-Henri Castel. « L’idéal du sage stoïcien me semble d’une tristesse infinie »

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Cet article est issu du numéro 59 de Philosophie magazine « 59 - mai 2012 », en kiosque le 26 avril 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Nombre de thérapies contemporaines invoquent Épictète pour inciter leurs patients à modifier leurs représentations et mieux s’adapter à la réalité. Pour Pierre-Henri Castel, c’est à la fois un dangereux contresens et un usage révélateur du conservatisme stoïcien.

 

« La pensée d’Épictète et plus généralement le stoïcisme constituent l’un des socles philosophiques des thérapies cognitivo-comportementales (TCC). Ces thérapies, qui se sont répandues aux États-Unis dans les années 1990 et ont depuis gagné la France, traitent de troubles comme la dépression, l’anxiété, certaines phobies et les obsessions. Leur postulat est que la souffrance psychique est provoquée par les représentations que nous nous faisons de la réalité et qu’il faut donc orchestrer un travail cognitif sur elles. Certains théoriciens et praticiens des TCC se réfèrent explicitement à la distinction d’Épictète entre ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous, ainsi qu’à certaines maximes frappantes du Manuel, relatives notamment à la discipline du jugement – l’idée que ce sont nos évaluations des choses qui nous troublent, et non les choses elles-mêmes.

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