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Plus les rêves sont dérangeants, plus ils sont utiles !

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Plus les rêves sont dérangeants, plus ils sont utiles !

© Jung Ho Park/Unsplash

Les rêves sont dérangeants, chacun l’a déjà constaté de multiples fois par lui-même. C’est d’ailleurs pour cette raison qu'il est si difficile de les expliquer d’une manière cohérente et certaine. Mais que ce caractère dérangeant soit précisément ce qui fait leur intérêt cognitif, c’est la nouvelle hypothèse avancée par Erik Hoel, chercheur en neurosciences à l’Université Tufts aux États-Unis. Inspiré par l’évolutionnisme et l’intelligence artificielle, le chercheur avance que les rêves nous aident à mieux généraliser en apportant un peu de chaos dans nos processus d’apprentissage.

 

  • Différentes interprétations des rêves

On sait que pour Sigmund Freud (1856-1939), le fondateur de la psychanalyse, qui voit en eux la « voie royale » pour accéder à l’inconscient, les rêves seraient l’expression déguisée de la réalisation de désirs refoulés, et que nous n’accepterions pas de manière consciente. Mais sa théorie ne fait pas l’unanimité. Pour certains, comme l'ethnopsychiatre Tobie Nathan, auteur de La Nouvelle Interprétation des rêves (Odile Jacob, 2011), ils nous avertiraient des dangers qui nous guettent. D’autres enfin, les considèrent comme de simples épiphénomènes purement physiologiques, qui seraient l’équivalent sur le plan visuel et cérébral des gargouillis produits par notre système digestif après un repas.

 

  • « L’hypothèse du cerveau suréquipé »

Mais Erik Hoel avance une nouvelle théorie dans un article de la revue Patterns publié il y a une semaine, qui trouve une utilité inattendue aux rêves. Elle repose sur ce qu'il a baptisé « the overfitted brain hypothesis », autrement dit « l’hypothèse du cerveau suréquipé » ou « surajusté ». Elle s'appuie sur une observation menée par des chercheurs qui ont étudié le fonctionnement de l'intelligence artificielle et ont remarqué qu'elle avait tendance à trop généraliser les données qu’elle rencontrait, comme si elle les tenait pour une représentation fidèle de l’ensemble de la réalité. Pour y remédier et prévenir les généralisations abusives, il est donc nécessaire d’intervenir, par exemple en la privant de certaines informations de manière stochastique, ce qui la « force » à pousser plus loin son apprentissage sans se contenter de ce qui lui est familier. Selon Erik Hoel, nos rêves rempliraient une fonction similaire, conformément à un « mécanisme biologique » qui introduirait des « données sensorielles corrompues » destinées à réguler nos processus cognitifs.

 

  • Vive l’étrange !

Passons sur le fait a priori paradoxal qui veut qu’on ait recours à l’intelligence artificielle pour mieux comprendre le fonctionnement de l’intelligence humaine. Le plus intéressant dans cette affaire, c’est que l’hypothèse d’Erik Hoel souligne à quel point notre appréhension de la réalité a besoin d’être confrontée au trouble, à l’étrange, à l’incompréhensible, pour être plus efficace. « Si vous rêvez que vous volez, avance ainsi le chercheur, c’est peut-être pour vous aider à maintenir votre équilibre. » Autant dire que dans un monde standardisé, les rêves ont un bel avenir. 

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