Regards
Port du masque obligatoire : la drôle de tête de la rentrée 2020
Le buste de Marianne couvert d'un masque dans la mairie de Cannes durant l'épidémie de coronavirus, le 24 avril 2020. © Anthony Micaleff/Haytam/REA
Désormais, nous nous croiserons (presque) partout masqués ! Après Marseille et Toulouse, c’est Paris, sa petite couronne et Strasbourg qui ont adopté vendredi le port du masque obligatoire dans toutes les rues – jusqu’à présent, il était en vigueur seulement dans les lieux clos et certaines artères parisiennes. À partir du mardi 1er septembre, les employés, les enseignants et les étudiants devront également s’y plier sur l’ensemble du territoire, une décision de l’exécutif qui fait suite à une nouvelle hausse des cas de Covid-19 en France.
Quelles sont les conséquences de l’effacement du visage dans l’espace public ? Le masque est-il un vecteur de solitude absolue, d’inquiétante étrangeté, ou, au contraire, un support d’expression personnelle, une possibilité de créer de nouveaux rites au quotidien, voire le support d’une rêverie érotique ? À en croire la philosophe Corine Pelluchon, le sociologue David Le Breton, le romancier Nicolas Mathieu et l’anthropologue Michel Agier, le masque n’a pas fini de nous étonner.