Édito
Portrait de l’artiste en garagiste
© Micaël pour PM
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Cet article est issu du numéro 24 de Philosophie magazine « 24 - novembre 2008 », en kiosque le 30 octobre 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Pour ceux qui ne s’y connaissent pas en mécanique, il y a un petit détail agaçant dans les romans américains. Les personnages ne s’y servent presque jamais, pour se déplacer, d’une voiture, encore moins d’une automobile. Ils montent de préférence à bord d’une « Oldsmobile » (Jonathan Franzen), d’une « Plymouth » (Richard Ford), d’une « AMC Matador » (Rick Moody), quand ce n’est pas d’« une camionnette Dodge 300 de 76 » (James Ellroy) ou d’une « BMW 750il », laquelle pourra même être équipée, avec un peu de chance, de l’« ODM III dynamic tuning system ou peut-être l’ORC II » (Bret Easton Ellis). Quant aux romancières, un préjugé très répandu sur le Vieux Continent laisserait imaginer qu’elles sont moins calées dans ce domaine que leurs homologues masculins. Quelle naïveté ! Chez l’une des plus éminentes d’entre elles, Joyce Carol Oates, le lecteur voit passer, médusé, « une Nash bossue de la couleur de l’eau de vaisselle quand elle n’a plus de bulle » suivie par un engin encore plus exotique, « une Cadillac 1951 couleur citron vert, une berline décapotable à large calandre chromée ricanante et aux ailerons évasés ».