Pourquoi aimons-nous les vieilles photos ?

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Cet article est issu du numéro 113 de Philosophie magazine « Y a-t-il encore une vérité ? », en kiosque le 28 septembre 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Les clichés jaunis nous amusent ou nous rendent nostalgiques d’une époque révolue. Mais pas seulement. Des philosophes ont trouvé d’autres arguments.

Pour atteindre le sacré

Walter Benjamin (XIXe-XXe siècle)

« Dans les anciennes images, tout était fait pour durer, observe Benjamin dans sa Petite Histoire de la photographie (1931), […] même les plis que faisait un vêtement duraient plus longtemps. Qu’on observe simplement la redingote de Schelling ; ainsi vêtu, celui-ci peut accéder en toute confiance à l’éternité. » Les clichés les plus anciens étaient uniques. Ils possédaient une aura. On les présentait dans un encadrement ovale comme pour auréoler le tirage original. Si nous aimons les vieilles photos, celles d’avant 1880, au moment où la photographie s’industrialise, c’est parce que nous sentons que le progrès technique a dégradé l’image en substituant à l’unicité et à la permanence la reproductibilité et la fugacité.

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