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Pourquoi aimons-nous regarder chez les autres ?

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Pourquoi aimons-nous regarder chez les autres ?

Illustration © Séverine Scaglia pour PM

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Cet article est issu du numéro 169 de Philosophie magazine « Complotisme. Pourquoi se raconte-t-on des histoires ? », en kiosque le 27 avril 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Pas de rideaux et des lumières allumées… et vous voilà en train de zyeuter chez les voisins.  Pourquoi est-ce si irrésistible ? Quatre penseurs jettent un coup d’œil à la question.

 

Pour se comparer / Rousseau (1712-1778)

Nous mesurons l’emplacement du logement, la taille du salon, sa décoration… et nous déterminons la qualité de notre propre bien. Nous mesurons ce que nous sommes relativement à ce que les autres possèdent. Pour Jean-Jacques Rousseau, ce travers est civilisationnel. Car, explique-t-il, « la conscience est […] nulle dans l’homme qui n’a rien comparé ». Mais, dès que les « hommes commencent à jeter les yeux sur leurs semblables », il se produit un dévoiement de l’amour de soi en amour-propre, qui « fait que nul ne trouve son bien que dans le mal d’autrui ». Le promeneur solitaire retiré dans son ermitage imagine bien un remède à cette tentation malheureuse : la solitude.

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