Divergences

Pourquoi déteste-t-on les boutons ?

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Pourquoi déteste-t-on les boutons ?

©Séverine Scaglia pour Philosophie Magazine.

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Cet article est issu du numéro 153 de Philosophie magazine « Peut-on changer de logique ? », en kiosque le 23 septembre 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Quatre philosophes percent la répulsion que nous éprouvons à l’égard de ces excroissances disgracieuses. 

 

Parce qu’ils incarnent l’impur

Plotin (205-270) 

Quand on les observe, face au miroir, ils suscitent une attention curieuse teintée d’agacement : les boutons viennent rompre l’idéal de beauté et d’harmonie, caractérisé par l’absence d’aspérités et de ruptures de l’enveloppe charnelle. Dans les Ennéades, Plotin voit dans la laideur une difformité qui fait défaut à l’unité de la forme. Si les boutons suscitent notre dégoût, c’est bien qu’ils reflètent le défaut d’emprise de la forme sur la matière. Les boutons incarnent l’irruption de l’impur sinon du mal en nous. D’où nos efforts pour extirper cet excédent épidermique. Nous leur vouons de la haine, parce que le principe rationnel, qui donne forme au monde, « n’a pu en dominer la matière et en cacher la laideur ».

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