Pourquoi dormons-nous avec un oreiller ?
© Séverine Scaglia
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Cet article est issu du numéro 123 de Philosophie magazine « 123 - octobre 2018 », en kiosque le 24 septembre 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Lieu des réconciliations conjugales, l’oreiller ne se partage pourtant pas volontiers. Que pensent les philosophes de cet objet doux et familier qui conserve chaque nuit l’empreinte en creux de leur tête savante ? Réponse de quelques adeptes de la bataille de polochons…
Pour y trouver l’inspiration
Aristote (IVe av. J.-C.)
Auteur d’un traité sur le sommeil et la veille, Aristote montre que « les agents soporifiques » produisent un « alourdissement de la tête ». Quoi de mieux alors que de la laisser reposer sur un oreiller ? À l’horizontale, la chaleur du corps endormi diffuse dans l’âme les résidus de la sensation sous forme d’images rêvées. Alexandre le Grand, le plus célèbre élève d’Aristote, dormait, dit-on, avec l’Iliade sous son oreiller. Sans doute pour y revivre les exploits d’Achille mais plus encore pour s’en inspirer avant de partir au combat. Serait-ce l’oreiller qui fait que la nuit porte conseil ?