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Pourquoi le “bizarre” nous fascine-t-il tant ?

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Pourquoi le “bizarre” nous fascine-t-il tant ?

Détail d'une vue de l'exposition Enormement bizarre La collection Jean Chatelus 2025. ©Centre Pompidou/MNAM-CCI/Audrey Laurans

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L’exposition Énormément bizarre au Centre Pompidou, à Paris, a des airs d’inquiétant cabinet de curiosité. Et pourtant, on a envie d’y rester des heures. D’où provient ce bizarre attrait pour le… bizarre ? Petite exploration esthétique, de Baudelaire à Mark Fisher. 


Des godemichés ornent une sorte de cabine surmontée d’un coq, un attirail de ceintures en cuir suspendu au plafond trône à côté d’un canard en plastique jaune criard. Le tout est chargé, décousu, alambiqué… et très intime. Pénétrer dans l’exposition Énormément bizarre, à voir actuellement au Centre Pompidou, donne l’impression d’entrer dans une chambre, puis dans une maison entière avec salon et salle à manger : il s’agit en effet de celle du collectionneur Jean Chatelus (1939–2021), historien, maître de conférences à la Sorbonne passionné par l’art du XXe siècle et accumulateur forcené des œuvres les plus diverses (573 à la fin de sa vie !), qui composent l’ensemble de cette exposition. 

“Le bizarre emporte les suffrages car il s’élève contre les assignations et les dogmes”

Dans le lointain brouhaha de Beaubourg, on se prend à marcher sur la pointe des pieds en passant devant le lit de cet homme. On se retrouve ensuite face à une bibliothèque remplie de livres et de téléviseurs vintage. Pour poursuivre la visite, on doit traverser un rideau multicolore orné du visage du pape Benoît XVI. Plus on avance, plus on se perd dans les dédales et les recoins tous plus bizarres les uns que les autres. 

 

Au bazar du bizarre 

Des masques africains aux représentations du Christ, en passant par un ensemble d’œuvres un brin effrayantes et organiques qui montrent le corps et la sexualité : l’exposition est radicalement éclectique. Et c’est sans doute ce bazar biscornu et sulfureux qui fascine en premier lieu. Dans sa nouvelle Un cœur simple (1877), Gustave Flaubert transmet sur le plan littéraire ce plaisir esthétique assez particulier : celui de l’accumulation chaotique d’objets dans un espace intime et feutré. Le lieu qu’il décrit – la chambre de la servante Félicité, qui garde « toutes les vieilleries dont ne voulait plus Mme Aubain » – est si proche de cette exposition que l’on pourrait y voir une description du salon de Jean Chatelus :

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