Divergences
Pourquoi partons-nous en vacances?
© Séverine Scaglia pour PM
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Cet article est issu du numéro 91 de Philosophie magazine « Comment ne pas passer à côté de sa vie ? », en kiosque le 02 juillet 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Trop de monde sur cette plage… Mais qu’est-ce que vous êtes venu faire dans l’enfer du tourisme de masse ? Rien, comme le suggère la racine latine du mot vacance, vacuum, « vide » ? Plutôt que de vous noyer dans un océan de perplexité, laissez-vous guider par les philosophes.
Pour se fuir soi-même
Sénèque (Ier siècle av. J.-C.-Ier siècle apr. J.-C.)
Le mal qui nous ronge, c’est l’ennui. Non pas une simple baisse de régime mais une insatisfaction permanente qui fait ne rien savourer et ne rien supporter. L’indécision en est la cause : nous ne savons pas ce que nous voulons. Nous ne sommes pas à la hauteur de nos désirs, également incapables de leur obéir ou de les faire taire (De la tranquillité de l’âme). Nous cherchons alors vainement à nous fuir nous-mêmes : « Voilà pourquoi l’on part à l’aventure le long des côtes, pourquoi […] on va essayer tantôt la mer, tantôt la terre. » Mais ces villégiatures sont un leurre : le bonheur ne consiste pas à se dépayser mais à accepter ce qui nous arrive, sans fuite ni faux espoirs (Lettres à Lucilius).