Extraits
Restez stoïque avec Sénèque !
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Quoi de commun entre la Rome hyperactive de Sénèque (4 av. J.-C.-65 par. J.-C.) et nos rues en période de confinement ? Le bruit – celui de l’agitation de la Cité pour le stoïcien, celui de nos voisins aujourd’hui. Dans les deux cas, il faut beaucoup de sagesse pour parvenir à rester concentré. Seule la maîtrise de nos propres passions peut nous aider à y parvenir, comme le montre cet extrait des “Lettres à Lucilius”.
« Je veux mourir, si le silence est aussi nécessaire qu’on le croit à qui s’isole pour étudier. Voici mille cris divers qui de toute part retentissent autour de moi : j’habite juste au-dessus d’un bain. Imagine tout ce que le gosier humain peut produire de sons antipathiques à l’oreille : quand des forts du gymnase s’escriment et battent l’air de leurs bras chargés de plomb, qu’ils soient ou qu’ils feignent d’être à bout de forces, je les entends geindre ; et chaque fois que leur souffle longtemps retenu s’échappe, c’est une respiration sifflante et saccadée, du mode le plus aigu. […] Outre ces gens dont les éclats de voix, à défaut d’autre mérite, sont du moins naturels, figure-toi l’épileur qui, pour mieux provoquer l’attention, pousse par intervalles son glapissement grêle, sans jamais se taire que quand il épile des aisselles et fait crier un patient à sa place. Puis les intonations diverses du pâtissier, du charcutier, du confiseur, de tous les brocanteurs de tavernes, ayant chacun certaine modulation toute spéciale pour annoncer leur marchandise.