La galaxie Nietzsche

Puissance de feu

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Cet article est issu du numéro 136 de Philosophie magazine « 136 - février 2020 », en kiosque le 16 janvier 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Nietzsche et ses aphorismes parfois lapidaires, souvent mal compris, trimballent une odeur de soufre. De cet adepte de la généalogie des concepts voyons quelle est la généalogie intellectuelle, afin de mieux le lire et le comprendre.

Ceux qu’il a lus

Héraclite (v. 550-v. 480 av. J.-C.)

Au philosophe grec, Nietzsche emprunte la notion de devenir et son idée du tragique comme tension dynamique entre des contraires, qui ne peut aboutir à aucune résolution. « [La musique allemande] est, dans notre civilisation, ce feu limpide et pur et purificateur d’où et vers où, selon ce qu’enseigne le grand Héraclite d’Éphèse, toutes choses se meuvent en une double révolution », écrit-il dans La Naissance de la tragédie.

Platon (428-348 av. J.-C.)

Non sans provocation, Nietzsche affirme : « Ma philosophie est un platonisme renversé : plus on s’éloigne de l’être vrai, plus cela est purement beau et meilleur. Le but, c’est : la vie dans l’apparence. » Philologue de formation, Nietzsche a eu l’occasion de se pencher sur les dialogues platoniciens. À l’idéalisme qui invite à se détacher des apparences pour voir au-delà, il oppose une philosophie ancrée dans le corps, les affects, les pulsions, et célèbre l’art et ses artifices comme remède au tragique de l’existence. 

Arthur Schopenhauer (1788-1860)

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