Le graphique

Quelle trace voulez-vous laisser sous terre ?

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134-Graphique-Trace

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Cet article est issu du numéro 134 de Philosophie magazine « Pourquoi sommes-nous si fatigués ? », en kiosque le 24 octobre 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Quelque chose plutôt que rien ! À l’heure de la grande recomposition des usages funéraires, qui voit la crémation prendre peu à peu le dessus sur l’inhumation, et les modes alternatifs, écologiques ou numériques se développer, la volonté manifeste de réduire la place qu’occupent les morts n’empêche pas que subsiste le souci d’en préserver une trace, si subtile soit-elle. Selon les dernières enquêtes publiées par les services funéraires de la Ville de Paris, 42 % des Français indiquent « ne pas vouloir laisser de traces sur Terre » pour « ne pas prendre de place ». C’est la raison pour laquelle l’incinération est de plus en plus prisée : elle réduit la place occupée par le corps des morts, mais aussi leur empreinte environnementale. Un enterrement avec construction d’un caveau équivaut, en effet, en terme d’empreinte carbone, à cinq crémations. Cependant, au-delà de cette alternative, d’autres usages s’inventent qui dessinent la recherche d’une empreinte plus souple. La trace « végétale », avec l’humusation (encore interdite en France), équivaut à un retour littéral à la terre par une transformation du corps en « compost ». Mais, toujours selon la même enquête, on voit aussi monter la digitalisation des traces avec « des murs numériques du souvenir », tandis que certains pensent même à une trace « olfactive » qui permettrait de sentir l’odeur du défunt. 

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