France / Terrorisme

Qu’est-ce qu’être radical aujourd’hui ?

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Cet article est issu du numéro 119 de Philosophie magazine « Le culte de la perfection. Jusqu’où s’améliorer ? », en kiosque le 26 avril 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Dans “La Tentation radicale. Enquête auprès des lycéens”, Olivier Galland et Anne Muxel ont mené une enquête afin de mesurer le degré de radicalité religieuse des jeunes, notamment musulmans. Au prix d’une confusion entre le radicalisme et le fanatisme.

Depuis les attaques de 2015 contre Charlie Hebdo et le Bataclan jusqu’à celle du supermarché de Trèbes, en mars dernier, à chaque nouvel attentat, le concept de radicalisation surgit pour rendre compte du passage à l’acte terroriste. Mais qu’entend-on par ce terme ? Et ne serait-il pas plus pertinent de parler de fanatisme plutôt que de radicalisme – un terme chargé historiquement qui évoque davantage l’engagement résolu au nom d’idéaux révolutionnaires que le fanatisme mortifère des terroristes.

En sociologie, deux camps s’opposaient jusqu’ici : d’un côté, ceux qui, avec Olivier Roy, soutiennent que les nouveaux terroristes sont des jeunes en proie à une « révolte nihiliste », qui se saisissent de l’islam comme d’un label – ils parlent d’« islamisation de la radicalité » ; de l’autre, ceux qui, avec Gilles Kepel, s’attachent au rôle central joué par le salafisme qui a pris le contrôle idéologique d’une partie de la communauté musulmane – ils parlent de « radicalisation de l’islam ».

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