Coup de fil
Qu’y a-t-il de naturel dans la naturalisation ?
Cérémonie des 150 ans de la République, le 4 septembre 2020. © Fred Dugit/Le Parisien/MaxPPP
Le 6 septembre, la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa a déclaré vouloir « accélérer la naturalisation des personnes de nationalité étrangère en première ligne lors du confinement ». Le Chef de l’État, quant à lui, a procédé à la naturalisation de plusieurs personnes lors de la célébration des cent-cinquante ans de la République le 4 septembre dernier. En pleine préparation du projet de loi sur le séparatisme, la question de la citoyenneté revient au premier plan.
- Or qu’est-ce que ce terme de “naturalisation” ? Il désigne l’acquisition de la nationalité. Mais en quoi est-il un processus qui nous rend « naturels » ? N’est-ce pas plutôt le contraire ? Le fait d’abandonner son appartenance première pour adhérer à une autre ? Comment expliquer l’emploi de ce mot ?
- Il y a une explication. Et c’est François Héran, démographe et spécialiste des questions d’immigration, qui nous la donne. Et l’histoire de cette notion est pour le moins étonnante. D’abord parce qu’on devait déjà justifier son désir de devenir français au XVIe siècle – ensuite parce qu’au XIXe, on a appliqué ce terme non seulement aux humains, mais aussi aux plantes, aux animaux puis aux industries. Bref, avec la “naturalisation”, on tente de créer artificiellement du naturel ! Vous avez dit oxymore ?