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(Re)lire “Race et Histoire”, de Claude Lévi-Strauss

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Édition originale de “Race et Histoire”, par Claude Lévi-Strauss, Éditions de l’Unesco, 1952

Édition originale de “Race et Histoire”, par Claude Lévi-Strauss, Éditions de l’Unesco, 1952.

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En 1952, dans le cadre de la réalisation de brochures antiracistes pour l’Unesco, Claude Lévi-Strauss publie Race et Histoire. Retour sur les grandes idées de ce livre devenu une référence en sciences humaines.

Le racisme de l’après-guerre

Fondée en 1945 après la Seconde Guerre mondiale, l’Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) se donne pour mission de promouvoir « le respect universel de la justice et de la loi » et de mettre fin, par la connaissance, au racisme et aux discriminations. Le défi est de taille pour l’Unesco, car un doute a été jeté sur la capacité de la culture à faire avancer l’histoire dans le bon sens… C’est bien l’Allemagne, éminent pays des Lumières et du savoir, qui a produit les doctrines d’inégalité des races et des hommes ayant justifié l’idéologie nazie.

Quatre ans seulement après la catastrophe qui a frappé l’Europe, l’organisation se lance dans un programme ambitieux intitulé « La question des races » et démontre, avec la collaboration d’intellectuels, que le concept de race n’a aucune pertinence pour étudier les comportements et cultures humains. Race et Histoire est publié à cette occasion par le grand anthropologue français Claude Lévi-Strauss, qui s’oppose dans cet écrit à Arthur de Gobineau tenant, lui, d’un racisme scientifique qui n’est pas sans rappeler celui des nazis. Cet écrivain, diplomate et homme politique du XIXe siècle, qui prétend disserter à partir de données objectives, distingue dans son Essai sur l’inégalité des races humaines (1853) trois grandes races primitives (la noire, la blanche et la jaune). Il leur reconnaît à chacune « des aptitudes particulières » et défend la race blanche de se mêler aux « inférieures », craignant que le métissage n’entraîne la décadence. Une thèse que Lévi-Strauss ne manque pas de mettre en échec.

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