Repérages / septembre 2017
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Cet article est issu du numéro 112 de Philosophie magazine « À quoi tient l’autorité ? », en kiosque le 24 août 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
L’affect
Le pardon
“Le président des États-Unis a un pouvoir complet de pardonner. Pensons-y alors que les seuls crimes qui nous sont reprochés sont des fausses informations contre nous”
Donald Trump
Le 22 juillet, sur ses liens supposés avec l’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine
“Il est erroné de se pardonner à soi-même et d’oublier qu’on ne pardonne que ce qui a besoin de pardon”
Éric Weil
Philosophe français (1904-1977), in Philosophie politique (1956).
La notion
Le haunting
Ou quand un petit clic peut entraîner un grand chambardement. Vous découvrez que votre ex a aimé votre dernier post Facebook. Il ou elle s’est contenté(e) de laisser un pouce ou un émoji quelconque – et cela vous déstabilise. Telle est la nouvelle pratique en vogue sur Internet : le haunting (de l’anglais to haunt, « hanter »). On connaissait déjà le ghosting, qui consiste à rompre brutalement la communication virtuelle. Ici, la logique s’inverse : le haunting, ce n’est pas disparaître (l’absence d’une présence), mais se manifester à son ancien amour de manière évanescente, spectrale (la présence d’une absence). Pour lui suggérer qu’on continue à le suivre, voire à le surveiller… Sartre pensait que le regard de l’autre est ce qui me vise en permanence et me définit : « je reconnais que je suis comme autrui me voit » (L’Être et le Néant). Les réseaux sociaux créent en ce sens un regard numérique où je suis dans la dépendance de ceux qui me likent – l’enfer, ce sont les followers… Mais dans la pensée sartrienne, le regard aliénant d’autrui est dépassé dans l’affirmation de ma liberté. En l’occurrence, pour cesser d’être hanté(e), il est toujours temps de se déconnecter.