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Roberto Toscano: altérité et diplomatie
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Cet article est issu du numéro 28 de Philosophie magazine « 28 - avril 2009 », en kiosque le 26 mars 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
L’éthique de la responsabilité de Levinas trouve des applications inattendues dans les champs des relations diplomatiques et dans les rapports entre les médecins et leurs patients. Témoignages.
« Aujourd’hui, une des questions centrales à laquelle est confrontée l’humanité est celle de l’altérité. D’une part, la mondialisation produit une proximité croissante entre les êtres et les cultures sans vraiment effacer leurs diffé-rences ; d’autre part, la société globale génère une sensation de perte de repères, une sorte d’agoraphobie qui incite à reconstruire des murs, des barrières vis-à-vis de – et souvent contre – l’Autre.
C’est ici que la leçon d’Emmanuel Levinas devient de plus en plus actuelle, je dirais même indispensable. Donner un visage concret à l’Autre ne va bien sûr pas résoudre tous les problèmes, mais le passage de la catégorie générale à l’individu qui se trouve en face de moi nous protège de la violence collective et illimitée, celle des génocides, du terrorisme, de la torture, qui s’exerce toujours à l’encontre de catégories générales abstraites (les Juifs, les Noirs, les musulmans, etc.).