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Robot-champignon : sommes-nous en train de créer des champignons mobiles, et demain conscients ?

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Robot-champignon : sommes-nous en train de créer des champignons mobiles, et demain conscients ?

Capture d’écran de la vidéo scientifique mise en ligne sur la plateforme YouTube. © Robert Shepherd

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Une équipe italo-américaine a mis au point deux machines dont les mouvements sont aiguillonnés par les capacités sensorielles d’un champignon comestible commun. Une petite révolution pour la robotique, mais également pour la vie fongique. Explications avec Bergson.


Interpréter un stimulus

Mettre un Pleurotus eryngii, une espèce de champignon, aux commandes d’un robot : c’est le projet d’une équipe de scientifiques de l’université de Cornell (États-Unis) et de l’université de Florence (Italie) qui a présenté, récemment, deux prototypes – un dispositif à cinq pattes souples et un véhicule à quatre roues. « En faisant pousser du mycélium dans l’électronique d’un robot, nous avons pu permettre à la machine biohybride de percevoir l’environnement et d’y répondre. » S’opère, entre les deux éléments, entre le vivant et le machinique, une forme de répartition des tâches. Le champignon capte et traite les données de l’environnement (par exemple le rayonnement UV) ; le robot interprète l’activité électrophysiologique du champignon et réagit en fonction. En d’autres termes : le champignon permet « à la machine de percevoir l’environnement et d’y répondre » ; la machine dote le champignon de capacités de locomotion dont il est dépourvu. « Il s’agit de créer une véritable connexion avec le système vivant. »

 

Mouvements d’un “robot mou filaire contrôlé par un champignon” en accéléré (x10)

Les recherches menées sur la machine-champignon insistent sur l’horizon qui s’entrouvre en matière de robotique. Mais on pourrait renverser la focale : voir non pas le champignon comme un équipement du robot améliorant sa sensibilité à l’environnement, mais bien plutôt le robot comme une sorte de prothèse massive et révolutionnaire du champignon. Aucune de nos prothèses humaines ne change la donne à ce point. Il s’agit toujours de regagner une fonction perdue, ou à la rigueur de doter un organisme individuel d’une fonction qu’il n’a jamais possédée mais que l’espèce possède. Conférer la locomotion à un champignon est une autre affaire.

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