Brésil / Émeutes

Sergio Adorno : « Il faut réussir à articuler droits de l’homme et sécurité »

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Cet article est issu du numéro 72 de Philosophie magazine « 72 - septembre 2013 », en kiosque le 22 août 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Les récentes manifestations ont brisé l’image idéale du bilan des années Lula. Quelles tensions travaillent aujourd’hui ce pays ? Le sociologue Sergio Adorno, spécialiste de la violence, livre son analyse.

Les grandes manifestations qui ont secoué le Brésil étaient-elles spontanées ou organisées ?

Sergio Adorno : Elles ont été déclenchées par le mouvement Free Pass, qui réclame depuis 2005 la gratuité dans les transports publics. Ce mouvement, très organisé, se compose majoritairement de jeunes issus des classes moyennes éduqués. Ils ont des liens étroits avec les résidents des banlieues mais aussi avec les partis de la gauche radicale, exclus de la scène politique. Il a ensuite fédéré les progressistes autant que les conservateurs. S’il est trop tôt pour poser un diagnostic précis, il est évident que les inégalités se sont creusées. De plus, on observe une désertion des lieux traditionnels de la politique – les dernières élections ont été guidées par le marketing. Soudain, nous voyons donc resurgir la volonté collective.

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