Euroscepticisme / Royaume-Uni
Should I stay or should I go ?
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Cet article est issu du numéro 67 de Philosophie magazine « 67 - mars 2013 », en kiosque le 21 janvier 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
En menaçant de sortir son pays de l’Europe, le calcul de David Cameron vise autant à marchander avec ses partenaires qu’à convaincre ses compatriotes de rester dans l’Union.
Si la qualité d’une marchandise ou d’un service décline, deux possibilités s’offrent à moi : me tourner vers la concurrence ou adresser une réclamation au fournisseur. Dans un essai paru en 1970 intitulé Exit, Voice, Loyalty (trad. fr. Éd. de l’Université de Bruxelles, 2011), le philosophe de l’économie Albert O. Hirschman émettait l’hypothèse qu’on tenait là les deux attitudes fondamentales pour exprimer son mécontentement : la défection (exit) et la prise de parole (voice). La première, productrice de concurrence, a la préférence des économistes qui ont tendance à croire qu’elle est la seule vraiment efficace ; la seconde a l’aval des politistes, qui voient dans l’expression des opinions le meilleur moyen d’obtenir un changement. Mais selon Hirschman, les deux sont également opérantes, et la seule question est de savoir « dans quelles conditions la voie de la défection doit prévaloir sur celle de la prise de parole, et inversement ».